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Le Devoir d'Informer

REVUE DE PRESSE JEUDI 8 OCTOBRE 2020

APS

Le rappel à l’ordre fait aux magistrats et à leur tutelle gouvernementale par le premier président de la Cour suprême, pour éviter la fragilisation du système judiciaire sénégalais, est l’un des sujets les plus commentés par les quotidiens pour leur édition de jeudi.

« Cheikh Tidiane Coulibaly sort de sa réserve », écrit Sud Quotidien, publiant sur sa une les principaux messages lancés par le chef de la plus haute juridiction du pays : « Le ministre de la Justice ne dispose d’aucun pouvoir disciplinaire »« Il faut éviter de faire de la magistrature un enjeu politique »« Il n’est pas tolérable que des magistrats contribuent à semer le doute sur la crédibilité de l’institution judiciaire ».

Coulibaly a tenu à rappeler à l’ordre les acteurs de la justice, après qu’il a constaté que « depuis quelques temps, la justice est attaquée de toutes parts, y compris par ceux qui l’animent », rapporte Sud Quotidien, reprenant les termes du premier président de la Cour suprême.

Ce dernier, dans un communiqué, fait allusion aux sujets de discorde entre les magistrats et leur ministère de tutelle, dont la traduction du président de l’Union des magistrats du Sénégal, Souleymane Téliko, devant un conseil de discipline, à la suite de commentaires qu’il a faits sur une décision de justice rendue, concernant Khalifa Sall, l’ex-maire de Dakar.

« Le premier président de la Cour suprême a fait appel au sens des responsabilités, de part et d’autre, pour l’intérêt exclusif de la justice », estime Le Témoin Quotidien.

« Sa voix est d’autorité et (…) l’institution qu’il dirige coiffe la hiérarchie judiciaire du pays. Fort d’une expérience avérée, le premier président de la Cour suprême s’est fait violence (…) Sans solidarité de corps, encore moins langue de bois, Cheikh Tidiane Coulibaly a livré un réquisitoire sans complaisance des rapports entre le pouvoir [exécutif] et la justice, appelant dans sa plaidoirie à savoir raison garder, de part et d’autre », commente Kritik’.

« Cheikh Tidiane Coulibaly rappelle le principe de la séparation des pouvoirs et invite tout le monde à éviter de faire de la magistrature un enjeu politique », lit-on dans Le Soleil.

« La Cour suprême freine Me Malick Sall », affirme WalfQuotidien, faisant allusion aux propos de M. Coulibaly, selon lesquels le garde des Sceaux n’a pas un « pouvoir de sanction » à exercer sur les magistrats.

Les quotidiens commentent aussi la querelle entre le ministre du Développement communautaire, Mansour Faye, et l’opposant Ousmane Sonko. Le premier déclare que le second l’a sollicité, il y a quelques années, pour arriver à être reçu en audience par le président de la République, ce que M. Sonko nie catégoriquement.

« Le pugilat par presse interposée », entre MM. Faye et Sonko, « connaît une nouvelle tournure » écrit Le Témoin Quotidien, faisant allusion à un témoignage du magistrat Cheikh Issa Sall, qui « mouille Sonko« . M. Sall, selon Mansour Faye, a été témoin de la demande d’audience exprimée par l’opposant qui le sollicitait.

« L’épilogue d’un feuilleton inutile » titre L’As, ajoutant, selon un témoignagne de Cheikh Issa Sall, que « l’audience a bel et bien eu lieu »« Ousmane Sonko admet l’audience, mais précise que Mansour Faye l’a supplié durant deux jours », de le rencontrer, ajoute L’As.

De l’avis de Source A« la vérité, c’est que nos politicards sont tous pareils ou presque : quand ils vous disent que le soleil se lève à l’est, de grâce, ne perdez jamais votre précieux temps à le scruter à ce point cardinal, car, forcément, le soleil et ses rayons se lèveront sûrement, ce jour-là, à l’ouest, au nord ou au sud ».

Le Quotidien, lui, se désole des « ravages » que peut entraîner la diffusion de propos enregistrés à l’insu de leurs auteurs, comme dans le duel entre Mansour Faye et Ousmane Sonko. « Personne n’échappe à ses secrets si lourds et si déstabilisateurs, qui peuvent faire des ravages. (…) Si pour certains en politique tous les coups sont permis, il y en a qui sont abjects », commente Le Quotidien.

EnQuête, lui, s’est intéressé à la « détresse » des familles de soldats déguerpies de Ouakam Terme-Sud, un quartier dakarois. « Le centre culturel de Sacré-Cœur continue de recevoir les familles expulsées de leurs maisons à Ouakam Terme-Sud. Après un déguerpissement musclé et un chamboulement de leur vie quotidienne, elles demandent à l’Etat du Sénégal d’agir en les laissant retourner chez elles », rapporte le journal.

L’Observateur fait remarquer que le projet de loi de finances 2021, adopté par le conseil des ministres, est en hausse de 373,95 milliards de francs CFA sur le budget 2020, s’élevant à 4.589,15 milliards de francs CFA.

JOKO/ Aps