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Le Devoir d'Informer

CONTRIBUTION : Quelques réflexions sur l’affaire « SONKO-ADJI SARR »

Une accusation de Mr Ousmane Sonko, suivie de plainte pour viol secoue le pays depuis quelques jours, lié au statut politique de l’accusé.

Cependant, l’espoir et le sérieux, l’intransigeance dans les comportements et la position d’opposant placent Mr Ousmane Sonko au-dessus de tout soupçon. Ce qui a amené de nombreux citoyens à ne pas croire à l’accusation, d’autres ne croient même pas qu’il connait ces lieux, encore moins les fréquenter.

Mais son intervention sur l’affaire du dimanche 08 février 2021 après mure réflexion (il nous avait habitué à une prompte réaction) conforte sa connaissance du milieu, mieux sa fréquentation quasi-assidue.

Certains éléments de l’accusation faisant allusion à une séance de massage avec deux filles, l’une sort un moment pour ne pas revenir, l’autre continue la séance ; la venue sur les lieux à 21 h, l’heure de début du couvre -feu, ont été confortés par l’accusé.

Compte tenu des éléments d’appréciation cités plus haut, il peut être retenu ce qui suit :
1- Son statut national, sa probité proclamée qui a toujours fait sa force, l’espoir qu’il suscite ne l’autorise pas à aller vers un salon de beauté privé, qui a une publicité « érotique » sur sa page Facebook avec seulement des masseuses « charmantes », qui ne peuvent brandir aucune qualification.
2- Un mal de dos se soigne avec des kinésithérapeutes, qualifiés et expérimentés qui sont dans les hôpitaux, et qui se déplacent à domicile avec un coût maximal de 25 000 F à 30 000 F

3- L’imprudence étant déjà produite et cette production relève de son fait, personne ne voit en quoi le Président Macky Sall, qui a d’autres priorités nationales, peut être impliqué encore moins ses services préoccupés par la pandémie à la Covid 19.

Cependant il ne manquera pas des personnes du régime qui s’en réjouissent. Aussi, à partir du moment où son imprudence a été trop flagrante, certains peuvent saisir l’occasion de « conseiller » la fille, et en politique c’est de bonne guerre car lui-même a fait du mal à beaucoup de personnes en les dénonçant sur des choses pour lesquelles il n’a jamais produit de preuves réelles devant les Sénégalais d’abord, ensuite devant la justice.

Et ses attaques ont eu des conséquences néfastes sur des gens (Mamour Diallo, Tahirou Sarr, Aliou Sal…).
Il a obtenu ce qu’il voulait à partir du moment où ces gens ont perdu leur position. Après cela il ne s’est pas appesanti davantage, jusqu’à même oublier ses dossiers.

Par ailleurs, une moralisation de la vie politique est difficile dans un environnement de rude concurrence et d’intérêts stratégiques, mais elle doit être de mise. Pour cela, il faut un gentleman agreement qui consistera à laisser de côté la dénonciation inutile et méchante et sans preuves réelles et de se confronter à l’autre à travers des débats contradictoires d’idées sur la pertinence ou non des politiques économique, sociale et financière. Ces débats peuvent se faire dans des espaces audiovisuels de la place et être alimentés d’arguments solides, démonstratifs et, éloignés des formules classiques creuses (il faut…, il est nul… il est nul…, ils ont « volé » le peuple Sénégalais).

Toutefois ces formules ne contribuent nullement à améliorer le sort du peuple Sénégalais. Ceci contribuera à sereiner la jeunesse et lui apprendre par la même occasion le débat d’idées, contraire à la violence verbale et physique, qui constitue l’arme des faibles.

Autant, le régime ne doit pas saisir cette occasion pour casser un opposant, qui est utile à la respiration démocratique, autant Monsieur Ousmane Sonko et son parti ne doivent essayer de faire reposer cette responsabilité sur l’Etat et ses services sachant que tout ce brouhaha n’aurait pas eu lieu, s’il n’avait pas mis les pieds dans ce salon de massage de son plein gré. Son statut d’opposant et de cible aurait dû le pousser à éviter ces genres de fréquentation.

Maintenant, il s’agit ici d’une plainte pour viol, il doit répondre clairement devant DIEU et ses compatriotes et dire qu’il n’a jamais eu de relations sexuelles, ou de toute autre forme caractéristique avec l’accusatrice et le jurer sur le Saint Coran.

Au cas échéant, même si la justice passe outre, ses partisans et certains sénégalais dont ces éléments suffisent, le croiront et il pourra y sortir partiellement indemne.

Mais ne pas répondre sur ces points et continuer à proclamer que c’est le Président Macky Sall qui est derrière tout cela, à côté de son aveu d’y avoir été, d’avoir été massé par deux filles, d’être sorti à l’heure du couvre-feu, sans être accompagné, en principe, peut être source de beaucoup d’appréhensions dans la tête des Sénégalais et de ses propres militants soucieux de vérité et de paix.


Citoyen Sénégalais