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Le Devoir d'Informer

Le gouvernement face à la presse : Le grand oral

Tour à tour, le ministre Oumar Gueye, porte-parole du gouvernement, a introduit ses collègues qui se sont attelés à répondre aux questions posées par les journalistes. Cette façon assez inédite de communication de l’équipe gouvernement, a vu la participation, entre autres des ministres de la Santé, de l’Eau, de l’Agriculture, etc…

C’est le ministre chargé de l’Eau, qui le premier, s’est présenté en revenant sur les problèmes récurrents des pénuries d’eau. « Le manque d’eau constaté dans certaines localités est d’abord dû à un fossé énorme entre l’offre et la demande », donne t-il comme explication . Quand au retard d’investissements qui auraient pu anticiper sur cette donne démographique, M. Serigne Mbaye Thiam a soutenu qu’il n’était pas « imputable au président de la République». Les tergiversations du précédent régime auraient engendré dans une certaine mesure ces difficultés actuelles selon le ministre. Il termine par une note qui veut rassurer les consommateurs, en annonçant la livraison prochaine de KMS 3, prévue pour début 2021.

Pou Madame la ministre du Commerce, Assome Diatta, son intervention s’est essentiellement axée sur la Compagnie Sucrière Sénégalaise (CSS). Selon elle, ce fleuron de l’economie nationale est incapable d’approvisionner le marché local en sucre. D’où la pertinence de toutes importations nécessaires aussi pour la bonne marche des industries alimentaires. Sur cette parenthèse, Mme la ministre rassure que son cabinet n’avait pas pour mission de rendre la vie difficile à la CSS, mais elle souhaite une « large concertation pour relever les ambiguïtés ».

Pour le tout nouveau ministre de l’Intérieur, Antoine Felix Diome, les marchés senegalais manquent d’organisation. Un non-respect des règles établies, et des délimitations engendrent les incendies. Pour résoudre ce problème, il a soutenu que : « le gouvernement va mettre un programme large pour mieux organiser les marchés ». Interrogé sur les questions liees aux élections municipales, M Diome estime que le processus est en cours et qu’une date de concertation sera actée par décret. Sur l’émigration clandestine, le remplaçant de Aly Ngouille Ndiaye a évoqué la difficulté d’avoir des chiffres exacts par rapport au nombre de disparus. Il a ensuite déclaré que l’objectif était de maintenir les jeunes au bercail avec des opportunités réelles d’emplois. En sus selon toujours le premier flic du pays, des mesures préventives et punitives sont envisagées pour décourager les candidats.

Pour le ministre de la Santé et de l’action sociale, Abdoulaye Diouf Sarr, les questions ont essentiellement porté sur la maladie mystérieuse et la coivid 19. « Un seul cas est encore sous traitement sur les 1004 au total », rassérène monsieur Diouf Sarr, avant d’ajouter que la maladie n’est pas contagieuse. Concernant le coronavirus, le maire de Yoff a surtout salué les « excellents résultats réalisés». Ce qui s est manifesté par l’un des plus faibles taux de létalité et meilleures ripostes face à cette pandémie.

Monsieur Abdou Karim Sall, ministre de l’Environnement a presque emboîté le pas à son prédécesseur notamment sur la maladie mystérieuse. D’après M. Sall le combat pour déterminer la cause exacte de cette affection cutanée, est en train d’être mené. « Des prélèvements sur des poissons, algues et sur l’eau de mer ont été faits, mais aucune infection chimique ou toxique n’a été relevée ; en attendant les résultats pour les algues ». Aucune piste ne sera écartée pour élucider la racine de cette maladie. Les filets ainsi que le carburant passeront au labo selon le ministre.

Expliquer les accords de pêche aura été la question principale à laquelle le ministre de la pêche Alioune Ndoye a essayé de répondre. «Le partenariat signé avec l’UE concerne 10000 tonnes de thon, qui il faut le rappeler n’est pas de nos habitudes alimentaires », évacue t il rapidement l’équivoque qui était suscité. En outre selon M. Ndoye 25 % du personnel de ces navires qui viendront pêcher sur nos eaux seront sénégalais. Ce qui prouve que l’accord n’est pas que d’ordre pécuniaire.

Le ministre de la Formation professionnelle et technique, M Dame Diop a pointé du doigt, notamment le manque de formation des jeunes, un obstacle, selon lui, à une meilleure insertion. « Seulement 6% des jeunes en âge de travailler disposent d’une qualification sur plus de 10 millions », illustre t-il ses propos.
Pour résoudre cette équation, Dame Diop mise sur des formations plus diversifiées et à la portée du plus grand nombre. “la formation professionnelle et technique au Sénégal est gratuite. Si nous avons pu faire cela, multiplier le nombre de structures de formation, multiplier par trois le nombre d’apprenants dans la formation professionnelle, c’est parce qu’il était question de régler la question de la qualification des jeunes Sénégalais… C’est ce bond qui a permis de faire passer le nombre de jeunes de 80 mille apprenants à 100 mille apprenants. Ainsi, le nombre de structures de formation professionnelle est passé de 87 à 120 unités“. La construction de 35 nouveaux centres de formation professionnelle est prévue cette année… La formation professionnelle et technique est aujourd’hui une priorité du président Macky Sall. La formation professionnelle et technique était le parent pauvre dans le très grand secteur de l’éducation. Sur près du quart du budget du Sénégal qui a été reversé au secteur de l’éducation, moins de 4% ont été destinés à la formation professionnelle et technique“, précise-t-il. Effleurant la question de l’émigration clandestine, il reconnaît que le sous emploi est une cause parmi tant d’autres. “L’employabilité est un préalable fondamental pour l’obtention d’un emploi. Les causes sont beaucoup plus profondes et multiformes parce que c’est la raison pour laquelle l’accent que nous avons mis sur la formation professionnelle devra nous permettre d’améliorer le taux de qualification des jeunes Sénégalais pour leur permettre d’accéder à l’emploi”, souligne le ministre de l’Emploi, de la Formation professionnelle, de l’Apprentissage et de l’Insertion.

Le ministre de l’Agriculture, l’un des derniers intervenants, est revenu sur la campagne de commercialisation de l’arachide qui a débuté récemment. Il a profité de cette occasion pour inviter à moins de pessimisme. « La campagne vient à peine de démarrer avec un prix du kilogramme d’arachide inédit. Espérons juste que les principaux acteurs, à savoir les agriculteurs, tirent leur épingle du jeu. Car si toute la production est écoulée,ils pourraient se retrouver avec pas moins de 400 milliards de francs CFA ». Quant au protocole d’accord signé avec la Chine, le professeur Moussa Baldé a fait part de son prolongement jusqu’en 2024. D’un autre côté et pour apporter une réponse à la lutte contre l’émigration irrégulière, le ministre Baldé prévoit la création de 272 autres fermes qui créeront plus de 20000 emplois. Dans le long terme, cent milles postes de travail seront disponibles selon toujours le ministre.

La ministre de la Jeunesse était également de la partie, Mme Néné Fatoumata Tall Mbaye, a apporté en chiffres et structures la stratégie du Président Macky face à l’énorme équation de l’emploi des jeunes. Pour Mme le ministre, citant les chiffres de l’ANSD, le poids démographique de jeunes qui représente sur 10 millions sur les 16 millions de Sénégalais. Depuis son accession au pouvoir le Président a érigé plusieurs politiques et crée beaucoup de structures pour les accompagner. La dernière ou la plus récente est le Délégation à l’entreprenariat rapide (DER), qui en deux ans a injecté près de 80 milliards FCFA sur touchant près de 200.000 bénéficiaires partout au Sénégal qui ont pu être accompagnés. A cela s’ajoutent, le FONGIP, l’ANPEJ et d’autres structures dédiées aux jeunes et à l’accompagnement des Sénégalais de retour (rapatriés ou de retour volontaire). Mais le seul regret est qu’en terme d’activité, le secteur informel avec ses plus de 90% fait aire partie des plus grands migrants.

JOKO/ Web