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Le Devoir d'Informer

Vétusté du plateau médical, fuite des spécialistes vers l’étranger…: Les acteurs de la Santé alertent les autorités

Profitant de leur audition hier par les membres du Conseil Economique, Social et Environnemental (Cese), des acteurs de la Santé ont alerté les autorités sur la prise en charge des malades, sur le départ de certains spécialistes vers l’étranger entre autres.

Ces acteurs ont été entendus au 2ème jour de la deuxième session Ordinaire de l’année 2020 du Cese dont le thème est « Effets de la pandémie de Covid-19 sur le système de santé au Sénégal. » Sept autorités sanitaires chargées du suivi de la pandémie de Covid-19, ainsi que des professionnels et spécialistes de la santé publique et privée, ont fait le ballet hier devant les conseillers du Cese. Parmi eux, le Dr Amadou Yéri Camara, secrétaire général du Syndicat autonome des médecins du Sénégal (Sames). Dans son intervention, il a non seulement relevé l’état du plateau médical mais a aussi déploré le niveau de satisfaction des professionnels de la santé, au Sénégal. « Aucun hôpital du Sénégal n’offre tous les services sanitaires adéquats aux patients. Si on ne fait pas gaffe, tous nos spécialistes de la santé se retrouveront à l’étranger », a alerté le Dr Camara qui plaide pour une correction sur « le retard de la mise en œuvre des stratégies de communication ».

Ayant été au front, avec ses collègues, dans la lutte contre la pandémie, il a fustigé, au nom des acteurs de la santé « l’absence d’interdictions de certaines cérémonies ». Selon lui, « vivre avec le virus avant l’heure a causé beaucoup de problèmes » Dr Amadou Yéri Camara a aussi évoqué, pour le regretter, l’état déplorable des machines. « Il y a certaines machines quand vous les voyez, vous êtes dépassés. Il faut qu’il y ait un suivi et une maintenance des équipements. Il faut une école de maintenance au Sénégal. On ne peut pas acheter chaque année ou chaque fois des machines à coup de milliards qui se gâtent du jour au lendemain faute d’entretien et de réparation », s’énerve-t-il presque.

381 lits simples avec un taux d’occupation moyen de 31,50 % à Dakar…
Le docteur Marie Khémesse Ngom Ndiaye, directrice de la Santé publique et membre du Comité national de Gestion des Epidémies, a, elle, axé sa communication sur les difficultés dans la régulation du fait du déni et de la stigmatisation mais aussi du refus encore persistant d’accepter les tests… « Nous avons 79 districts sanitaires. À Dakar, c’est 12 districts sanitaires qui sont atteints. A Thiès, 9 districts sanitaires sont atteints. À Ziguinchor, 5 districts sanitaires. À Diourbel, 4 districts sanitaires… Nous avons 35 sites de traitement dont 26 hospitaliers et 8 extra hospitaliers. Dakar compte 381 lits simples avec un taux d’occupation moyen de 31,50 %. Par rapport à la gestion des données, nous utilisons le logiciel Tracker-COVID pour la traçabilité des cas contacts », informe le docteur Ngom aux conseillers.

Elle informe qu’au Sénégal, le Comité national de gestion des épidémies se réunit tous les lundis mêmes s’il n’y pas de cas. Chaque lundi, « nous déposons sur la table du ministère de la Santé des données de recherche sur la pandémie. Chaque semaine, du lundi au vendredi, nous faisons des recherches. »388 groupes vulnérables répartis dans 95 sites réceptifs suivis par les services de l’Action Sociale…
À en croire le Dr Arame Top Sène, directrice générale de l’Action Sociale, qui a été elle aussi auditionnée par les conseillers du Cese, pendant tout le début de la pandémie, elle et ses collaborateurs ont travaillé avec l’ensemble des services sectoriels pour assurer une bonne utilisation des ressources dans tous les domaines. Sur le plan méthodologique, ils ont, partage-t-elle, estimé qu’il fallait mettre en place une stratégie multisectorielle avec le ministère de la Femme et de la Famille, de la Justice entre autres pour prendre en charge toutes les préoccupations des couches vulnérables.

Toujours selon elle, ils ont mis en place une communication préventive qui vise à pousser au changement de comportements. Et le défi à relever, selon elle, consiste à maîtriser la progression de la Covid-19. En ce qui concerne le domaine social, à l’en croire, « un accompagnement psychosocial des contacts a été mis en place à travers la cellule de soutien psychologique du ministère de la Santé et de l’Action Sociale qui a des démembrements dans les 14 régions de notre pays. Selon les recommandations de l’OMS, le soutien psychologique se fait par téléphone », dit-elle. Dans le cadre des réalisations, les équipes de la direction générale de l’Action sociale ont, révèle-t-elle, suivi « 25. 388 contacts, personnes et groupes vulnérables répartis dans 95 sites réceptifs agrées et identifiés par les services déconcentrés de l’Action Sociale sur l’étendue du territoire. Toujours dans le domaine des réalisations, nous avons octroyé des kits alimentaires à 15.245 personnes handicapées détentrices de la carte d’égalité des chances. En outre, 14.243 personnes affectées par la lèpre vivant dans les villages de reclassement social ont bénéficié de l’aide alimentaire d’urgence en collaboration avec le ministère du Développement communautaire », informe Mme Sène. « A la lumière des réalisations, nous avons préconisé, pour une meilleure gestion de la pandémie et dans le domaine des interventions, la mise à jour du Registre national unique des ménages vulnérables, le renforcement du budget de l’Action Sociale, la coordination et l’impulsion des plans régionaux d’engagement communautaire, le développement du financement de la recherche dans le secteur de l’Action Sociale »a ajouté la directrice générale de l’Action sociale.

329 vaccins trouvés…
Lors de son exposé, Dr Amadou Alpha Sall, directeur de l’Institut Pasteur, a affirmé que le Sénégal s’est beaucoup concerté. Il y a eu, à l’en croire, des discussions au plus haut niveau avec le président de la République, le ministère de la Santé entre autres. Il y a et aussi, s’est-il réjoui, une mobilisation des communautés. « Aujourd’hui, il y a beaucoup plus de cas qu’au début de la pandémie mais on note moins de morts Pourquoi ? Parce que les gens se sont mieux préparés pour diminuer les effets… » explique-t-il avant de confier que 329 vaccins sont aujourd’hui en cours de développement. « Mais, on ne sait pas encore lequel parmi eux va réussir à soigner cette pandémie… » a-t-il conclu…

Joko/ Le Témoin